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44
L’interprétation du psychanalyste
sommaire du numéro 44
Printemps 2020

Argument

Il n’y a, aujourd’hui, toujours pas de doctrine constituée de l’interprétation analytique, laquelle est toutefois au centre de la pratique et de la fonction du psychanalyste. Et ni Freud ni Lacan ne lui ont consacré un texte exclusif ou n’en ont fait un concept fondamental de la psychanalyse. Et pour cause, si l’on considère que l’interprétation provient de ce qu’il y a de plus opaque dans la parole du psychanalyste.
En outre, en posant que l’inconscient procède d’abord lui-même par interprétation, que le cœur du désir est de « prendre sens », soit d’être interprété, et que l’interprétation de l’analyste, intervenant en second par rapport à l’interprétation de l’inconscient, est nécessaire mais pas suffisante pour réveiller le sujet de la quête du sens qui soutient son rêve de transfert, Lacan a redistribué les données du problème de l’interprétation depuis Freud.
Suivant ces perspectives nouvelles, l’interprétation excède largement des considérations techniques et elle s’avère irréductible aux interprétations, néanmoins incontournables, de l’analysant et de l’analyste au cours de la cure. Si Lacan a pu avancer que l’interprétation est identique au désir et qu’en elle se manifeste le désir de l’analyste, l’interprétation se révèle par-là indissociable de la conception que l’on se fait de l’inconscient, du désir, voire du psychanalyste. Est-elle dès lors fondamentalement ce que Lacan désigne comme « un dire qui se dise sans qu’on sache qui le dit » ?
Dans quelle mesure l’interprétation de l’analyste est-elle homologue ou hétérogène à l’interprétation produite par l’inconscient à travers ses formations ? En quoi et jusqu’où l’interprétation de l’analyste renouvelle chaque fois l’acte par lequel il est devenu analyste ? Et comment les analystes se positionnent-ils désormais relativement à ces questions cruciales pour la psychanalyse, si du moins ils les prennent en compte ? Il s’agit également de savoir si d’autres disciplines philosophiques, littéraires, scientifiques ou artistiques apportent du nouveau à l’approche psychanalytique de l’interprétation et, inversement, comment ces disciplines bénéficient ou pas de cette approche.

Sommaire

Erik Porge
L’axiome du fantasme d’où proviennent le désir de l’analyste et donc l’interprétation

Frédéric Pellion
Péril dans l’interprétation

Dorothée Muraro
L’interprétation à l’école : un interdit

Patrick Valas
Tout n’est pas calculable dans l’interprétation psychanalytique

Serge Hureau, Olivier Hussenet
Dans l’intervalle entre l’œuvre et l’auditeur : l’interprète de la chanson

Nicolas Guérin
L’interprétation résonnée

Nathalie Moshnyager
De la divination à l’interprétation, ou comment le déchiffrage ouvre une voie

Eric Laurent
Qui parle, dans l’interprétation ?

Jean-Pierre Cléro
Le jeu de l’interprétation et de la compréhension chez Freud et chez Lacan

Frédéric Rambeau
Pervers et Père-sévère. Deleuze, Lacan, la perversion

Cyrille Deloro
Wo Es war…

Veronica Diez
« Une technique merveilleuse » : comment faire disparaître le modèle pour saisir son image ?

Lectures

Christian Fierens
Nicolas Guérin, Logique et poétique de l’interprétation psychanalytique

Jean-Pierre Cléro
Giorgio Agamben, "Qu’est-ce que la philosophie ?"