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35
Croire en l’inconscient ?
sommaire du numéro 35
Automne 2015
 

Argument

La tentative kantienne de démarcation entre croyance et savoir n’a pas résolu les relations tumultueuses entre ces deux termes, qu’on ne cesse de rapprocher et d’opposer, que ce soit à un niveau individuel ou collectif et dans tous les domaines, sociaux, scientifiques, religieux… allant parfois jusqu’aux extrêmes de la violence. Même quand le savoir est établi (la Terre tourne autour du Soleil) il n’empêche pas des croyances contraires ; paradoxalement il peut les susciter (le « je le vois mais ne le crois pas » de Cantor devant la preuve d’une démonstration du continu). Il faut dire que la signification du terme « croyance » implique par elle-même une division subjective : entre l’assentiment (côté sujet) à quelque chose et l’objectivation de ce quelque chose. Dans cet écart se situent les degrés de croyance (de l’opinion à la conviction) qui masquent plus ou moins la division du sujet d’une croyance sur fond de doute, surtout quand il est identifié par une collectivité comme un « croyant ». La division du sujet dans le croire se décline dans la langue entre le y croire, le croire à, le croire en, le croire que… L’incroyance elle-même peut s’avérer, comme dans le cas du paranoïaque, être un mode de croyance.
La psychanalyse a révélé un certain nombre de déterminants inconscients de la croyance en tant que liée à la référence au désir : le fantasme (qui tisse la réalité comme mélange de symbolique et d’imaginaire), la pulsion (d’où sort la vérité des théories sexuelles infantiles), les signifiants (du nom du père, non représentable, ou du sujet supposé savoir pour le transfert)… En outre, elle a montré que la division du sujet a justement la structure de la division entre savoir et vérité.
Qu’en résulte-t-il en retour pour la psychanalyse, toujours menacée de psychologisation ? Peut-on croire en la psychanalyse ? À l’inconscient ? Sinon, comment peut-il encore se faire entendre ?

SOMMAIRE

Dominique Simonney
Faut-il croire son psychanalyste ?

Colette Soler
Des dieux et de l’analyste

Françoise Delbos
Des souris et des parlêtres

Daniel Koren
Croyances dans l’analyse, incroyance de l’analyste

Sidi Askofaré
Croire en… la psychanalyse

Franck Chaumon, Vincent Clavurier, Nathalie Jaudel, Edit MacClay, Michel Plon, Erik Porge, Moustapha Safouan
Le rapport Turquet… aujourd’hui ?

René Major
« Sauf le nom »

Thomas Dalzell
La chute chez le James Joyce de Lacan

Arnold Castelain
L’interprète dans la situation clinique

ARCHIVES

Sigmund Freud
(Présentation, traduction et notes de Ferdinand Scherrer)
Amnésie-Aphasie (1893)

Jacques Lacan
Le phénomène lacanien

LECTURES

Sandra Boehringer
Michel Foucault, Subjectivité et vérité. Cours au Collège de France

Paul Alerini
Patricia Janody, Zone frère. Une clinique du déplacement

Marie-Claude Lambotte
Henri Rey-Flaud, Je ne comprends pas de quoi vous me parlez. Pourquoi refusons-nous la réalité ?

Michel Plon
Frédéric de Rivoyre, Ceci est une illusion. Pour (ré)introduire le narcissisme