| Faut l’temps |
| sommaire du numéro 024 2010 |
Argument
De quoi parle-t-on quand on parle du temps en psychanalyse ? Une première source de difficultés provient de la non-unicité du temps. Cela entraîne des énoncés disparates et parfois contradictoires, comme chez Freud par exemple, quand il pose que l’inconscient ignore le temps et par ailleurs que l’après-coup structure le symptôme. S’il faut assurément récuser le temps comme substance, faut-il pour cela se convertir à la philosophie chinoise ou se passer complètement de cette notion ? Sans doute peut-on plus justement parler non d’un temps unique mais d’un facteur ou d’une fonction temps. La grammaire, la logique, la physique, la mathématique ont à travailler avec des notions de temps qui peuvent être plurielles et hétérogènes entre elles. L’usage du facteur temps en psychanalyse emprunte ses références à tous ces domaines - d’où les apparentes contradictions, voire disputes, telle celle sur la durée des séances -, mais il en invente aussi de nouvelles pour appréhender l’objet a cause de désir et manque à jouir. La spatialité du psychisme, évoquée par Freud à la fin de sa vie, y trouve sa dynamique.
Essaim se propose avec ce numéro d’interroger l’usage de la fonction temps en psychanalyse.
Table des matières
L’utilité des mathématiques en psychanalyse
Un problème de chrestomathie psychanalytique
L’identification : une physique sans métaphysique
Modalités cliniques du temps.
De l’erreur à la scansion
À point nommé
De quelques vertus de kairos pour l’analyse
Le temps de passer
Peut-on parler d’un désir d’écrire « primitif » ?
De l’étranger à l’Absurde
« Masochisme » : quand faire, c’est dire
Colette Soler, Lacan, l’inconscient réinventé
Guy Le Gaufey, C’est à quel sujet ?
Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France – Jacques Lacan
Sous la direction de Jean-Marie Jadin et Marcel Ritter,
La jouissance au fil de l’enseignement de Lacan
François Jullien, Les transformations silencieuses
Jacques Le Brun, Le pouvoir d’abdiquer.
Essai sur la déchéance volontaire