| L’enfant du psychanalyste |
| sommaire du numéro 034 Printemps 2015 |
La conception de l’enfant et son statut dans la société et la famille ont évolué au cours des temps. A partir de Freud la psychanalyse a joué un rôle dans cette évolution. Préciser quelles conséquences cela a eu ne manque pas d’intérêt. Ne serait-ce que pour savoir en quoi les idéaux d’une société marquée par la psychanalyse agissent en retour sur la pratique de celle-ci et notamment vis-à-vis des enfants. Car avec ceux-ci en particulier la psychanalyse court le risque de s’imprégner de théories développementales, médicales, éducatives, normatives de toute sorte. Et du même coup de perdre de vue qu’il n’y a pas de psychanalyse de l’enfant mais une psychanalyse de quiconque avec le sujet.
La qualification d’enfant représente une identité qui vient faire bouchon au vide du sujet défini dans sa relation à l’Autre comme représenté par un signifiant pour un autre signifiant. La suture du sujet par l’identité "enfant" (ou autre) est source de dérives dans les approches cliniques tant en institution qu’en pratique libérale. Par exemple, si elle mène à confondre le registre logique de l’aliénation et de la séparation du sujet à l’Autre avec des représentations dans la réalité. Pour ces raisons il y a lieu de clarifier les débats.
Avec les enfants la psychanalyse comporte un certain nombre de particularités dont une au moins mérite d’être soulignée : il est tout à fait logiquement fait appel, dans la cure d’un enfant, à des tiers, en général parentaux.
Cette logique de l’intervention de tiers, que la psychanalyse d’adulte fort justement exclut, a été peu théorisée par les psychanalystes eux-mêmes.
Cet appel au tiers parental n’est pas à visée éducative et normativante (c’est la pente d’Anna Freud).
Elle est possibilité offerte à l’enfant et au tiers dans ce Work in progress de saisir quelque chose de la place du désir et de la jouissance. Et ceci dès le tout début de son existence, quitte à en attendre les effets d’après-coup.
Cette dernière remarque pourrait à elle seule expliquer l’échec, radical, de la psychanalyse, sauvage, ou « officielle » comme dans le cas de Freud ou de Melanie Klein, de parents analystes « sur » leurs enfants. Dans ce cas, les analystes confondent tiers parental (et tout son aveuglement) et sujet supposé savoir : les effets sont à n’en point douter ravageurs pour l’enfant cobaye.
Mais le thème de l’enfant du psychanalyste ne se limite pas, loin de là, à cette dernière question, elle englobe celle de ce qu’est un sujet « enfant » pour celui-ci, et la manière dont, aussi bien dans sa pratique qu’à travers sa théorie, il entend l’écouter.
Le dessin d’enfant, enjeu transférentiel
Séparations
Onze croquis vanvéens
« L’enfant du psychanalyste » est et n’est pas un enfant
Quelle logique pour l’acte analytique en pédopsychiatrie ?
Donner sa langue au chat ou trouver sa langue
La folie du joueur
Les présentations cliniques. De la psychiatrie à la psychanalyse
Pas de psychanalyste
Qu’est-ce qui pousse l’analyste à faire cas ? Y a-t-il de l’écrit d’analyste ?
La jungle en librairie
Façons d’effacer
ARCHIVES
« Les relations du corps restiforme avec les cordons postérieurs et leurs noyaux », traduction, notes et commentaires de Thierry Longé
A propos de Über die Beziehung…
LECTURES
Mathieu Bellahsen, La santé mentale. Vers un bonheur sous contrôle
Marie-Claude Thomas, Genèses de l’autisme. Freud, Bleuler, Kanner
Markos Zafiropoulos, Du père mort au déclin du père de famille